Archive pour la catégorie ‘Politique’
“J-call” et anniversaire du Centre Communautaire Laïc Juif de Belgique (CCLJ)
Ce lundi soir se déroulait le grand lancement de « J-Call » dans le cadre des 50 ans du Centre Communautaire Laïc Juif de Belgique (CCLJ). « J-Call » est un « Appel à la raison » lancé aux dirigeants israéliens. A cette occasion, des représentants des différents pays européens ont expliqué les motivations qui les ont conduits à signer ou à soutenir cet appel, parmi eux se trouvaient des diplomates, des politiques, des historiens, et autres penseurs, tels que Daniel Cohn-Bendit, Bernard Henri Levy, Zeev Sternhell, Elie Barnavi, Avi Primor, …
Les mots les plus fréquemment prononcés, lors de cette soirée, furent les mots Raison, Paix, Espoir et Rêves. J’étais également invitée à m’exprimer sur cet « Appel à la raison ».
Lors de cette soirée, j’ai formulé l’espoir que « J-Call » soit le fer de lance de l’Ouverture, du Dialogue, et de la Paix au sein du conflit Israélo-palestinien. J’ai également souligné quelques actions que j’ai pu soutenir, en lien avec ce conflit, lors de mes différents mandats, tels que le Décret Mémoire de la Shoa, la mise sur pied d’une cellule de veille contre l’antisémitisme, un plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, le soutien au projet de Lukas Pairon « Music Fund », le soutien au festival « Masarat Palestine », etc.
Je souhaite un très franc succès à J-Call.
BHV
Question orale de Madame Marie Arena, députée fédérale, à l’intention de Monsieur Charles Michel, Ministre de la Coopération au Développement concernant l’équilibre linguistique au sein de la DGCD et de la CTB.
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Ministre, vous avez mis en évidence dans un entretien récent avec le journal « Le Soir » les déséquilibres linguistiques actuels au sein de notre diplomatie.
On peut constater que ces déséquilibres linguistiques existent également et de manière importante dans le département de la Coopération au Développement qui est, je le rappelle, sous votre autorité directe.
Sur 7 fonctions de Directeur général et conseillers généraux, 5 sont occupés par des néerlandophones et 2 par des francophones.
Sur les 17 chefs de services, 10 sont néerlandophones et 7 sont francophones.
Je constate également qu’au sein de la direction de la coopération gouvernementale fédérale, le directeur et 4 chefs de service sont néerlandophones pour seulement 2 chefs de service francophones (et 1 seul en charge d’une région géographique).
Un appel à candidatures ayant été lancé pour 2 emplois de conseillers généraux et 3 emplois de conseillers, j’ose espérer, Monsieur le Ministre, que vous utiliserez cette opportunité pour corriger quelque peu ce déséquilibre flagrant dans la carrière intérieure de votre administration.
D’autant que le même déséquilibre prévaut pour la carrière extérieure en coopération au développement :
Ainsi la carrière des attachés de coopération (y compris la dizaine d’attachés contractuels) compte 43 attachés néerlandophones pour 34 francophones.
Sur les 18 attachés responsables de la coopération dans les 18 pays partenaires, 11 sont néerlandophones et 7 sont francophones.
Sur les 6 attachés responsables de notre coopération avec les institutions multilatérales de développement, 5 sont néerlandophones.
Enfin, sans vouloir hiérarchiser les partenaires, on peut constater que sur les 8 pays bénéficiant de l’aide publique belge la plus importante (+ de 15 millions d’euros), 1 seul pays est sous la responsabilité d’un attaché francophone.
Le prochain mouvement des attachés de coopération doit vous permettre, Monsieur le Ministre, de mieux équilibrer les responsabilités entre attachés francophones et néerlandophones dans nos représentations à l’Etranger.
Monsieur le Ministre :
Que comptez-vous mettre en œuvre à l’avenir pour garantir une relative égalité linguistique au sein des différents grades et des différentes fonctions de la Direction Générale de la Coopération au Développement (carrière intérieur et extérieur) ?
Mon collègue, André Flahaut, vous a interrogé il y a près d’un an, à propos des équilibres linguistiques ou plutôt des déséquilibres linguistiques, au sein de la CTB. La situation a-t-elle évolué au sein de la Coopération Technique Belge. Avez-vous pu trouver une solution avec le CA de la CTB afin de faire respecter en son sein la législation sur l’emploi des langues ?
Enfin qu’en est-il désormais au sein du Comité de gestion commun à la CTB et à la DGCD ?
Question orale de Madame Marie Arena, à l’intention de Monsieur le Ministre Charles Michel, chargé de la Coopération au Développement, concernant l’accord entre BIO et le Centre for the Development of Entreprise (CDE).
La Société belge d’investissement pour les pays en développement (BIO) a récemment signé, sous votre direction, un accord portant sur 3,3 millions d’Euros avec le Centre for the Development of Entreprise (CDE – institution conjointe du groupe des Etats ACP et de l’Union Européenne dans le cadre des accords de Cotonou et financé notamment par la FED), accord créant la « Facilité Athena ».
BIO, S.A. belge fondée en 2001, a pour mission de favoriser la mise en place d’un secteur privé fort dans les pays en développement, d’encourager et de développer un entreprenariat performant afin d’offrir une prospérité sociale durable aux entreprises locales.
Depuis 2001, plus de 346 millions d’Euros ont été consacrés par BIO à des projets en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est.
L’objectif avoué de ce nouvel accord entre BIO et le CDE est de toucher un entreprenariat plus local et moins développé que celui approché par le Société belge d’investissement pour les pays en développement.
Le CDE a donc reçu 3,3 millions d’Euros en vue, premièrement, d’octroyer des crédits (allant de 50.000 à 300.000 €) permettant l’extension de micro-entreprises, dans des endroits et dans des situations où les banques refusent d’intervenir (risques trop élevés et/ ou trop petites entreprises) et pour lesquels les microcrédits ne sont pas suffisants, ainsi que, deuxièmement, afin de consacrer des crédits (pour un montant total de 300.000€) en vue d’aider des futurs dirigeants d’entreprise à créer leur société au sein des pays ACP.
Monsieur le Ministre :
- Pourriez-vous nous exposer quels sont les critères d’attribution des moyens par BIO ? A qui prête-t-elle ? Sur base de quels critères ?
- Pourquoi ce montant de 3,3 millions d’€ au CDE, à quoi correspond-t-il ?
- Pourriez-vous également nous exposer les critères d’attribution des moyens par la CDE dans le cadre de l’accord conclu entre BIO et le CDE ? A qui ira cet argent ? Sur quelle base ? Quel montant pour quel projet ? Comment est attribué le montant (fractionné ou non) ?
- Est-ce qu’une évaluation est prévue et si oui, quand et comment sera-t-elle réalisée ?
Question orale de Madame Marie Arena, à l’intention de Monsieur le Ministre Charles Michel, chargé de la Coopération au Développement, concernant l’abandon de la pratique des mutilations génitales féminines et de l’excision au Sénégal.
Monsieur le Ministre,
Lors de la journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’UNICEF ont félicité le Sénégal pour sa politique d’abandon des excisions. En effet, en 2009, le Sénégal a enregistré une réduction de 65% à 71% du nombre de mutilations génitales féminines. Près de 4 121 communautés auraient abandonnés les mutilations génitales féminines sur les 5000 qui les pratiqueraient.
Ces résultats spectaculaires, le Sénégal les doit au travail coordonné de différents acteurs. Dès 1970, les Ministères de la Santé, de la Femme et de l’Action sociale ainsi que des organisations féminines et des ONG ont pris des positions politiques sur la nécessité du changement du statut de la femme au Sénégal. En 1997, le Président de la République sénégalaise Abdou Diouf prenait ouvertement position contre la pratique de l’excision lors du Congrès Mondial des Droits de l’Homme à Dakar. En 1999, une loi qui interdit cette pratique est votée parmi tout un dispositif de renforcement de la protection légale par rapport aux abus et violences sexuels. Le gouvernement a également lancé, dès 1997, un plan d’action national (plaidoyer, mobilisation sociale, éducation, communication, …) pour éliminer l’excision, plan relancé par l’actuel Premier Ministre en 2010 pour évoluer vers l’élimination complète de cette pratique à l’horizon 2015.
Le Sénégal doit aussi cette nette avancée, comme je le disais, à la société civile dont les ONG, comme par exemple, l’ONG internationale Tostan qui a ouvert, au Sénégal, un dialogue au sein des Communautés portant notamment sur l’excision et les mutilations génitales féminines. Ce dialogue, axé sur l’éducation et mené dans les langues locales sénégalaises, par le biais d’une pratique non coercitive et non critique, a permis à plus de 1600 villages de mettre fin collectivement à ces pratiques traditionnelles.
Désormais, ce sont les exciseuses, elles mêmes, qui mènent une propagande visant à faire comprendre à la population que l’excision est dangereuse pour les jeunes filles et que cette pratique n’est pas une obligation religieuse de l’Islam. Exciseuses a qui ont a, par ailleurs, offert différents moyens de reconversion afin de les motiver à changer de métier.
Les médias ont également joué un rôle important dans la prise de conscience nationale de cette problématique mais aussi dans la divulgation de cas clandestins, de tentatives échouées et de complications afin de décourager au maximum ces pratiques dans toutes les zones du Sénégal même les plus reculées.
L’objectif est évidemment que ce projet s’étende dans les autres régions du monde qui connaissent ces pratiques. On peut d’ailleurs constater que le processus est lancé dans les pays frontaliers et notamment au Mali, où les villages voisins de la frontière sénégalaise ont commencé à abandonner l’excision.
Monsieur le Ministre, il me semble que cet exemple est un bel exemple à suivre. La politique belge en matière de Coopération au Développement a pour secteur prioritaire la santé et notamment la santé reproductive et sexuelle, un secteur transversal que vous avez décidé de mettre en avant est la politique du genre, sur cette base là Monsieur le Ministre :
- Avez-vous une idée de l’ampleur des dégâts de ces mutilations dans les pays partenaires de la Belgique ?
- Concrètement, qu’est-ce qui est mis en œuvre aujourd’hui en Coopération au Développement pour endiguer le fléau qu’est l’excision ?
- Ne pensez-vous pas que la Coopération au Développement belge se devrait de soutenir et de favoriser de telles stratégies auprès des pays partenaires où l’excision est pratiquée ?
- Comment la Belgique peut-elle reprendre l’exemple du Sénégal en vue de structurer une stratégie globale dans cette matière ?
Charles Michel : La lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes, telles que les Mutilations génitales Féminines, et plus généralement la lutte contre toutes les formes de violences basées sur le genre s’inscrit dans notre politique en matière d’égalité des droits et des chances entre les hommes et les femmes, notre stratégie relative aux droits de l’enfant, et notre politique ayant trait à la santé et aux droits reproductifs et sexuels.
Parmi les 18 pays partenaires de la Coopération bilatérale directe, figurent des pays africains au sein desquels les MGF et l’excision sont pratiquées : c’est le cas surtout du Mali mais également du Sénégal, du Bénin et du Niger. Au Mali, le taux d’excision dans la population reste encore très élevé, bien qu’en légère diminution (environ 80%). Au Sénégal, selon la dernière enquête démographique et de santé de 2005, 28% des femmes sénégalaises seraient victimes des MGF. Au Bénin, les MGF concernent 13% des femmes en 2006. Dans certaines régions, notamment le long des frontières du Bénin le phénomène touche une femme sur 2. Au Niger, selon une enquête nationale, le taux de MGF a diminué de plus de la moitié entre 1998 et 2006, soit une baisse de 5,8 à 2%. Cependant, ces statistiques dissimulent de grandes disparités géographiques et ethniques.
Au titre de la coopération bilatérale directe, la coopération belge ne finance pas d’action spécifique de lutte contre le MGF dans les pays partenaires. Mais cette question est abordée lors des dialogues politiques, dans le cadre de notre appui au secteur de la santé et plus généralement de notre appui à l’égalité des genres et au respect des droits des enfants.
Dans le cadre des Programmes indicatifs de Coopération (PIC) qui ont été conclus en 2008 avec le Bénin, la Mali et le Niger et en 2009 avec le Sénégal, une attention particulière est apportée à la prise en compte de l’égalité des genres, des droits des enfants et de la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes, telles que l’excision.
Par la coopération multilatérale, la Belgique soutient par ses contributions financières aux ressources générales, les stratégies et programmes des organisations internationales partenaires actives, chacune selon leur mandat propre, dans le domaine de la lutte contre la violence liée au genre et plus particulièrement les MGF et l’excision : en particulier le FNUAP, l’UNICEF, l’OMS et l’UNIFEM.
En conclusion, la Coopération belge au Développement suit cette problématique de près et soutient par ses contributions à leurs ressources générales les stratégies et les programmes des organisations internationales partenaires qui ont développé une expertise particulière dans ce domaine. Par ailleurs, un dialogue politique régulier est conduit avec les gouvernements de nos pays partenaires. L’action volontariste du Sénégal et les succès engendrés sont certainement un exemple à suivre par d’autres pays et à encourager.

