La note de politique générale du Ministre de la Coopération au Développement, Charles Michel.
Comme vous venez de le lire, une des thématiques que j’ai choisie dans le cadre de mes nouvelles fonctions, est la Coopération au Développement. Voici, en quelques mots, quelques thèmes sur lesquels je suis intervenue concernant la note de politique générale du Ministre de la Coopération au Développement, Charles Michel.
Le Ministre affiche, tout d’abord, fièrement le fait que le budget atteindra l’objectif de consacrer 0,7% du PIB au développement, dès 2010.
Nous ne pouvons que nous en réjouir néanmoins, d’une part, une étude récente démontre que cet engagement n’est déjà plus suffisant. En effet, l’aide publique au développement devrait doubler si l’on veut, entre-autre, atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. D’autre part, nous ne pouvons qu’être inquiets quant à savoir si et comment ces 0,7% pourront être atteints à l’avenir, puisqu’ils incluent la remise de la dette de la République
Démocratique du Congo, ce qui ne sera plus le cas en 2011.
J’ai également fait observer au Ministre que bien que l’OCDE accepte la comptabilisation des dépenses relatives aux migrants (l’accueil des demandeurs d’asile et le retour volontaire) comme étant de l’aide publique au développement, il serait intéressant et moins hypocrite, d’exclure des 0,7% ces dépenses qui relèvent, en réalité, d’une toute autre politique.
J’ai également fait remarquer à Charles Michel qu’il était essentiel que nous réfléchissions, à l’heure des différentes crises (financières, alimentaires, climatiques) à de nouveaux moyens de financement de la Coopération au Développement afin de tenter de relever les nouveaux défis que ces crises nous posent.
J’ai également interrogé le Ministre à propos de la sécurité alimentaire et de la nécessité de sortir, tout ce qui concerne la production de denrées de première nécessité, des négociations dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce. Et ai plaidé en faveur d’un système qui exclut toute possibilité de spéculation sur ces denrées alimentaires via les marchés boursiers.
La Note du Ministre Charles Michel étant particulièrement axée sur le commerce et le développement du secteur privé, j’ai aussi indiqué au Ministre que le développement du secteur privé devait immanquablement être accompagné d’une bonne administration publique pour permettre une réelle redistribution des richesses. Et que dès lors, le développement du secteur privé ne pourrait se faire que lorsque l’Etat se sera doté d’une bonne administration.
J’ai ensuite félicité le Ministre pour son plaidoyer en faveur d’une agriculture familiale et locale durable, tout en lui faisant remarquer qu’une révolution mondiale était nécessaire pour que ce système puisse être garanti. En effet, les terres des pays en voie de développement sont massivement achetées par certains pays notamment en vue d’assurer la subsistance de sa propre population ou en vue de produire des agro-carburants pour nos voitures.
J’ai encore questionné le Ministre sur les priorités qu’il pointait en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement et ai souligné que la thématique du travail décent était une thématique essentielle que le Ministre n’abordait que dans le volet « travail des enfants » alors que ce sujet concerne aussi les adultes.
Enfin j’ai fait état du fait que les problématiques de l’accès à l’eau potable, du virus du Sida et des réfugiés climatiques n’était pas abordées alors que ce sont trois thématiques essentielles dans le cadre de la Coopération envers les pays du Sud et principalement les pays d’Afrique Subsaharienne.

