Vous faites quoi le 13 juin ? Moi, je vote !
Nous ne voulions pas de ces élections anticipées. Et pourtant, elles sont là . Alors, pourquoi ne pas en profiter pour faire avancer les choses ?
Duel Arena-Brotcorne sur la Fiscalité
Duel Arena-Brotcorne sur la fiscalité ( Journal “L’Echo”)
Marie Arena (PS) suggère d’instaurer une cotisation de solidarité sur les gros patrimoines et Christian Brotcorne (cdH) n’exclut pas de relever la taxe sur les opérations boursières.
Ils sont d’accord pour réduire la fiscalité sur les revenus du travail et intensifier la lutte contre la fraude fiscale. Les divergences entre Christian Brotcorne (2e sur la liste cdH en Hainaut) et Marie Arena (2e sur la liste PS au Sénat), tous deux membres de la commission des Finances de la Chambre (sortante) portent plutôt sur la taxation du patrimoine.
L’assainissement budgétaire permet-il encore d’envisager des allégements fiscaux durant la prochaine législature?
Christian Brotcorne: La mesure que le cdH propose, nous l’étalons sur quatre ans et elle coûterait de 4 à 6 milliards. Je crois que cela peut être compensé par une amélioration de la lutte contre la fraude fiscale. Sans aller jusqu’aux 20 ou 30 milliards dont on parle parfois, il y a de la marge.
On peut aussi retrouver des moyens en pénalisant certains comportements environnementaux ou financiers. Attention, je ne dis pas qu’il faut alourdir la fiscalité. L’objectif devrait être de ramener les recettes fiscales perçues au niveau qui était le leur avant la crise. Pas plus. Mais avec un rééquilibrage.
Marie Arena: Je suis totalement d’accord sur ce rééquilibrage pour une fiscalité plus juste. Les efforts doivent être ciblés sur le salaire poche des travailleurs, pour accentuer l’écart avec les allocations. Il faut des mesures rapides en faveur du pouvoir d’achat. Nous ne voulons pas d’une austérité à la grecque. Quand un revenu passe de 1.100 à 1.200 euros, les 100 euros d’écart sont réinjectés dans l’économie, car ils vont à la consommation de base. Quand un spéculateur a 100 euros de plus, il ne les réinjecte pas dans l’économie.
Mais dans le même temps, il faut raisonnablement dire que tout euro qui devrait être investi dans l’allégement de la fiscalité sur les bas salaires, devrait d’abord être gagné ailleurs. D’autres parlent des effets retours mais, vous admettrez qu’on les attend souvent.
Votre exemple sur les revenus qui passent de 1.100 à 1.200 euros, c’est de l’effet retour…
M.A.: Oui mais il est certain. Les gens ont en besoin pour joindre les deux bouts. Surtout après ces périodes de crise, de chômage économique…
À quel point voulez-vous intensifier la lutte contre la fraude fiscale?
M.A.: Ce n’est pas une hausse de la fiscalité, c’est une juste perception de l’impôt dû. Le Parlement a voté 108 recommandations, leur exécution doit vraiment être l’une des priorités du prochain gouvernement. En les appliquant, on pourrait récupérer de 3 à 5 milliards d’euros par an.
Ch.B.: La commission a bien travaillé. Mais quand il s’agira d’exécuter les recommandations, les divergences politiques vont ressurgir. Ce fut d’ailleurs le cas avec le secret bancaire.
Il faut aussi une administration fiscale bien plus performante. Le constat est unanime: on n’a pas donné les moyens d’agir à cette administration, qui était la meilleure du pays. On n’est toujours pas capable de croiser les données d’un contribuable selon qu’on est en droits de succession, en IPP…
À ce point, cela veut dire qu’on ne veut pas le faire. C’est grave. C’est de l’argent qui, légalement, devrait entrer dans les caisses de l’État.
Le fisc n’est-il pas le SPF où on a le plus investi dans l’informatisation?
Ch.B.: Peut-être. Mais c’est celui où l’on a le plus de souci. Les fonctionnaires que je rencontre sont médusés de la manière dont les choses se déroulent. Cela étant, je concède que l’informatisation de la Justice, ce n’est pas fameux non plus.
Pour améliorer l’efficacité, il y a aussi un gros travail à mener en matière d’harmonisation des procédures fiscales. Avoir les mêmes délais en matière d’enregistrement, de TVA… C’est une complexité sans nom.
Le fisc devrait-il avoir plus de moyens de lever le secret bancaire?
Ch.B.: C’est avant tout symbolique, il n’existe déjà pratiquement plus. Mais la politique, c’est beaucoup de symboles et il faudra avancer lors de la prochaine législature. Cela ne veut évidemment pas dire que le contribuable n’est pas protégé. Il ne faut pas faire peur aux gens. Ce n’est pas de la chasse aux sorcières, c’est l’organisation d’un recouvrement correct de l’impôt dû. C’est de la justice et de l’équité fiscale.
M.A.: Nous avons une proposition de loi, avalisée par le conseil d’État et la commission de la vie privée, dont l’examen a toujours été repoussé. Jusqu’à cette proposition du secrétaire d’État Bernard Clerfayt, clamant qu’il fallait d’abord une nouvelle DLU. Ça suffit. Il y a de la fraude, il faut la combattre.
Nous ne demandons pas un transfert systématique des entrées et de sorties mais simplement la possibilité, dans les dossiers où l’administration relève des éléments probants de mauvais fonctionnement, de mettre en place un processus de levée du secret bancaire.
Êtes-vous partisans de l’instauration d’un impôt sur la fortune?
M.A.: Nous défendons le principe d’une cotisation de solidarité sur les patrimoines de plus de 1,25 million d’euros (hors habitation familiale et locaux professionnels).Notre modèle social est basé sur un financement de la sécurité sociale par le travail et les assiettes se réduisent. Il faut donc réfléchir à d’autres modèles. L’objectif fondamental des impôts, c’est bien de réduire le fossé entre les plus riches et les plus pauvres, d’avoir une redistribution afin que tout le monde puisse vivre correctement.
Incluez-vous les portefeuilles d’actions dans ce patrimoine?
M.A.: Nous avons une autre mesure sur les actions. Nous proposons un précompte mobilier de 15% sur les plus-values relatives à un portefeuille de plus de 100.000 euros.
Ch.B.: Sur ces points, nous avons de nettes divergences. Vous ne trouverez nulle part dans le programme du cdH l’idée d’un impôt sur la fortune ou les grands patrimoines. Il ne faut pas taxer le capital pour le plaisir. Il provient d’une histoire, d’un travail, d’une épargne. Il y aussi des raisons pratiques: établir un cadastre des fortunes, ce n’est pas simple. La priorité doit vraiment être de percevoir correctement ce qui doit être perçu.
Qu’avons-nous vécu ces derniers temps? Des mouvements de capitaux à but spéculatif. Ce n’est même plus du capitalisme, c’est de l’argent fou qui tourne sur lui-même. Des gens se permettent tout et n’importe quoi, sans avoir de compte à rendre sur le plan fiscal.
Nous sommes favorables à la fameuse taxe dite Tobin, à l’échelle européenne. C’est un des combats à mener dans le cadre de la présidence belge de l’Union. Il me semble que Didier Reynders est tout à fait prêt à pousser pour que ce dossier avance dans les six prochains mois.
M.A.: Si la Belgique peut faire quelque chose pour lutter contre la spéculation, elle doit le faire. Nous pouvons devancer l’Europe. La Belgique est un enfer fiscal au niveau des revenus du travail et un paradis fiscal pour les spéculateurs et les grosses fortunes.
Ch.B.: Je n’ai pas dit qu’il ne fallait rien faire. Il pourrait, par exemple, être intéressant d’agir via la taxe sur les opérations de bourse. Travaillons sur l’entrée du marché boursier, avec une hausse minime de la taxe, plutôt que d’arriver en fin de course avec une taxe sur la plus-value. Mais aussi la déductibilité des moins-values.
M.A.: On ne le fait pas dans l’immobilier, pourquoi faudrait-il le faire sur le marché boursier? Ce débat ne vise qu’à protéger la spéculation. Celle-ci nous a déjà coûté assez cher. Taxer la spéculation, c’est entrer dans un principe de régulation. En outre, comme il y a une financiarisation de l’économie, cela permet aussi de continuer à financer notre modèle social.
Ch.B.: C’est la question de la place de l’argent dans la société. Hier, il servait à investir dans l’économie, à se loger… Aujourd’hui, c’est la finance qui met en péril des entreprises saines et des emplois, avec ses exigences de rendement élevé. Un sens éthique a complètement basculé.
Pensez-vous qu’il faut maintenir, voire amplifier, les différentes mesures fiscales en vue de réduire la consommation d’énergie?
Ch.B.: La fiscalité environnementale est évidemment prévue dans notre réforme fiscale. La fiscalité est l’un des rares moyens que les hommes politiques ont encore pour agir. C’est un levier pour mettre en œuvre des politiques.
Il faut sanctionner et dissuader les comportements nuisibles. Le principe du pollueur-payeur doit s’appliquer. Celui qui veut continuer à rouler avec un véhicule largement au-delà des taux d’émission autorisés, celui qui veut conduire un gros 4×4 en ville, je n’ai pas de problème à dire qu’il faut le taxer.
M.A.: Ne tombons pas dans le piège qui consisterait à taxer des comportements nuisibles en vue d’alimenter la sécurité sociale. L’objectif final de la fiscalité verte est bien de changer les comportements. À terme, elle n’existera donc plus. Or, nous veillons au financement à long terme de la sécu. En outre, les systèmes pénalisants touchent souvent en premier les personnes moins favorisées. Je suis plutôt en faveur d’une fiscalité incitative aux comportements durables: aider les ménages précarisés à réaliser des investissements économiseurs d’énergie. Il faudra évaluer les mesures existantes, afin de voir s’il ne faudrait pas moduler les incitants selon les revenus des gens, pour réduire la part d’effet d’aubaine.
Par Stéphanie Dechamps et Christophe De Caevel
Supprimer la région bruxelloise : PS et MR disent non
Supprimer la région bruxelloise : PS et MR disent non
Rédaction en ligne
lundi 07 juin 2010, 15:03
J-6 Les partis francophones ont réagi aux propos du président de la N-VA Bart De Wever qui a plaidé sur la VRT-Radio, pour la suppression de la Région bruxelloise dans le cadre des nouvelles structures de l’État qu’il préconise.
AFP
Supprimer la Région bruxelloise : « Inacceptable »
La ministre sortante Laurette Onkelinx a qualifié d’inacceptables les propos du président de la N-VA Bart De Wever qui a plaidé, sur la VRT-Radio, pour la suppression de la Région bruxelloise.
La chef de file PS dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est d’avis que ceux qui plaident la fin de la Région bruxelloise visent la fin du pays.
« Ces propos sont évidemment inadmissibles. Face à ceux qui veulent la fin de la Région bruxelloise et donc la fin de la Belgique, les socialistes wallons et bruxellois opposeront leur unité et leur fermeté pour défendre Bruxelles », a-t-elle réagi.
Ce faisant, le PS appelle au renforcement et au refinancement de la Région bruxelloise. « Les socialistes seront le rempart contre toute volonté de nuire aux intérêts des Bruxellois. Bruxelles au contraire devra être renforcée et refinancée. C’est un des dix engagements forts du contrat que le PS propose aux citoyens », a souligné Mme Onkelinx.
« De Wever prend ses rêves pour des réalités »
Le vice-premier ministre sortant et président du MR, Didier Reynders, a tenu à rappeler que les partis francophones avaient adopté une position unanime qui consiste à vouloir un renforcement de la Région bruxelloise. « Bart De Wever peut prendre ses rêves pour des réalités mais j’espère que les francophones seront inflexibles sur l’avenir de Bruxelles et dans ce cas les intentions du président de la N-VA n’ont aucune chance de se réaliser », a-t-il commenté à l’Agence Belga.
Les partis francophones ont toujours dit qu’ils voulaient renforcer Bruxelles, améliorer son fonctionnement et son financement, a insisté M. Reynders qui a dit espérer que l’unité francophone restera inflexible sur ce point. « Dans ce cas M. De Wever n’a aucune chance de réaliser son rêve », a-t-on conclu.
(D’après Belga)
Le Soir, rédaction en ligne, de ce 7 juin 2010.
Marie : Il est inacceptable d’envisager la suppression de la Région de Bruxelles-Capitale ! Bruxelles qui, ne l’oublions pas, crée plus de 20% des richesses du pays, doit au contraire être renforcé pour rencontrer tous les défis auxquels la Région est confrontée, qu’ils soient démographiques, économiques ou liés au statut de capitale du pays ou encore à celui de capitale européenne.
Services publics
Entreprises publiques: le duel
L’Echo
Si Karine Lalieux et Melchior Wathelet s’accordent à dire qu’il faut revoir les structures de la SNCB, la première se montre beaucoup moins tendre pour l’Europe et la libéralisation. Concernant Belgacom, tous deux rejettent une poursuite de la privatisation.
Consultez l’entiereté de l’article en cliquant sur le lien suivant : http://www.lecho.be/dossier/elections2010/Entreprises_publiques-_le_duel.8923764-2363.art
Marie : Nous devons maintenir et renforcer notre modèle social et protéger nos services publics afin qu’ils continuent à offrir les meilleurs services pour tous aux meilleurs prix.
« La solidarité, on a tous à y gagner ».
Le Parti Populaire (PP) montre son vrai visage
VERS L’AVENIR
Vendredi 04 juin 2010 19h23
Elections 2010
Le Parti Populaire (PP) montre son vrai visage
Jeudi, via un communiqué, le Parti Populaire (PP) de Modrikamen et Aernoudt a montré son vrai visage, que l’on pressentait sans vouloir y croire : celui d’un parti d’extrême droite. Extraits…
« Ce drame odieux est révélateur du mépris croissant pour les forces de l’ordre et les juges de notre pays », écrit Modrikamen.
En reliant ce qui, c’est vrai, n’est pas un simple fait divers à un mépris généralisé des forces de l’ordre et – pire encore – de la Justice 1, le fondateur du PP procède du raccourci populiste de la pire espèce. Celui qui se fonde sur un amalgame entre un fait tragique mais unique, et sur les errements d’une société alors qu’aucun précédent ne peut, justement, permettre de relier pareil drame à un fait de société.
La suite du communiqué du PP est tout aussi éclairante.
« Seule l’application de la tolérance zéro, le rétablissement de l’état de droit partout et pour tous, le respect des forces de l’ordre et une justice efficace qui sanctionne effectivement la délinquance, permettront d’inverser la vapeur. »
Une rhétorique sécuritaire fallacieuse, tant elle exploite ce thème connu des partis d’extrême droite : un indispensable retour à l’ordre dans un pays ravagé par la criminalité.
Désinformation complète ! Ces chiffres de la criminalité sont, de manière globale, en recul dans un très grand nombre de zones de police. Et si Bruxelles a connu des agressions très impressionnantes depuis le début 2010, elle ne sort pas, de l’avis même du directeur général de la police fédérale, du lot par rapport aux autres grandes villes.
Enfin, Modrikamen s’attaque au « laxisme » des autorités politiques. « Cela n’arrive pas par hasard. En dessous de trois ans ferme, on ne fait plus de prison dans ce pays. »
Suivez les pensées de Modrikamen : après le 13 juin, il faut un parti fort qui se substitue à ces autorités politiques ; un parti fort au sommet de l’État.
L’extrême droite, d’ici ou d’ailleurs, n’a jamais dit autre chose : la seule bonne gouvernance est la gouvernance autoritaire.
Marie : Même si ce drame est particulièrement choquant et me touche beaucoup, en effet, l’amalgame ne fera certainement rien avancer ! Il faut renforcer la sécurité des personnes en charge de fonctions susceptibles de les exposer à des actes de violence.

